Etiologies et évolution de l'insuffisance rénale aiguë gravidique dans un contexte de limitation des ressources : analyse des dossiers de 32 patientes à Ouagadougou (Burkina Faso)
Mots-clés :
Burkina Faso, Insuffisance rénale aiguë gravidique, Morbidité fœtale, Morbidité maternelle, PrééclampsieRésumé
Le but de ce travail sur l'insuffisance rénale aiguë (IRA) gravidique (IRAG) était d'en connaître l'évolution à court terme, ses principaux facteurs étiologiques ainsi que le devenir materno-fœtal dans le Service de Gynécologie et d'Obstétrique (SGO) du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO). Nous avons analysé les dossiers des patientes du SGO de la période du 1er octobre au 31 décembre 2012. Ont été incluses celles ayant une IRA survenue au cours du déroulement de la grossesse, au décours d'un avortement ou dans la période du postpartum. Les variables sociodémographiques, cliniques et paracliniques ont été analysées. L'IRAG a été observée chez 32 patientes soit 6, 1 % des patientes ayant eu une créatininémie. Leur moyenne d'âge était de 28,1 ± 6,6 ans, celle de la créatininémie de 429,9 ± 227,5 µmol/L. La principale cause présumée d'IRAG était l'hypertension artérielle (24 cas soit 75 % ; dont 19 cas de prééclampsie soit 62,4 %). Vingt-six patientes (8 1,3 %) ont eu une fonction rénale normale ou améliorée. Une patiente est décédée (3, l %). Des complications ont été observées chez 21 fœtus sur 27 (77,8 %). Le contexte de complication fœtale était la prééclampsie dans 18 cas sur 2 1 (85,7 %). L'IRAG est fréquente au CHU-YO. Le taux de morbidité et mortalité fœtales est très élevé et souvent en rapport avec la prééclampsie. La prévention de cette dernière contribuerait de façon significative à la réduction de l'incidence de l'IRAG et de ses complications materno-fœtales au Burkina Faso.