Morbi-mortalité en pneumologie au CHU Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou : place de la tuberculose
Mots-clés :
Morbi-mortalité, Pneumologie, Burkina FasoRésumé
Le service de pneumologie a vu accroître sa morbidité ces dernières années, et sa mortalité reste l'une des plus élevées parmi les services du CHU Yalgado Ouédraogo. Cette étude vise à mieux appréhender le profil épidémiologique, clinique, diagnostic et évolutif des patients admis dans le service afin d'assurer une meilleure prise en charge des patients.
Il s'est agi d'une revue documentaire à partir de dossiers de patients hospitalisés dans le service de pneumologie du CHU Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou au Burkina Faso entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2007.
Au total 911 malades ont été recrutés. Nous avons noté une forte prévalence du VIH chez les patients testé (54.9 % ; 180/328). Les pathologies respiratoires (897 cas) étaient dominées par la tuberculose (43,3% ; 389/897) et les pneumopathies aiguës à germes banals (25,6 % ; 230/897). Chez 17,1 % des patients (156/911) on notait des affections non pulmonaires associées. Elles étaient dominées par les affections cardiovasculaires (34 % ; 53/156) et les affections digestives (28,9 % ; 45/156). La mortalité était élevée (23, l % : 210/911). Près de la moitié des décès était attribuable à la tuberculose, soit 11,5 % ; (105/911) suivie du cancer broncho-pulmonaire (2,9 % ; 26/911) et des pneumopathies aiguës à germes banals (2 ,7 % ; 25/911). Les facteurs favorisant cette mortalité étaient variés : retard à la consultation, référence inadaptées, indigence des malades, insuffisance de prise en charge, équipement inadéquat et absence d’éducation pour la santé.
Le renforcement du plateau technique, l'éducation pour la santé et l'adaptation des programmes de formation du personnel de santé (médecins, infirmiers) aux besoins immédiats en santé des populations pourraient permettre de réduire l'incidence et la mortalité liée aux affections respiratoires dont la tuberculose.