Épidémiologie et facteurs de risque des infections à rhinovirus humain et de leurs formes graves au Burkina Faso : analyse transversale des données de surveillance sentinelle, 2016-2019
DOI :
https://doi.org/10.64707/revstss.v48i2.1932Mots-clés :
Rhinovirus humain, infections respiratoires aiguës sévères, formes graves, facteurs de risque, Burkina Faso.Résumé
RESUME
Contexte
Le rhinovirus humain (HRV), traditionnellement reconnu comme la principale cause du rhume banal, est de plus en plus identifié comme un contributeur majeur aux infections respiratoires basses (IRB) sévères, telles que la bronchiolite et la pneumonie. Nous avons cherché à identifier les facteurs associés à l’infection par le HRV ainsi qu’aux formes graves d’infection à HRV à l’aide des données nationales relatives aux infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) au Burkina Faso.
Méthodes
Une étude transversale a été menée d’octobre 2016 à avril 2019 dans quatre hôpitaux du Burkina Faso participant au programme de surveillance sentinelle des IRAS. Les enfants et adultes répondant à la définition de l’OMS 2014 des IRAS (infection respiratoire aiguë avec fièvre ≥ 38 °C et toux depuis moins de 10 jours nécessitant une hospitalisation) ont été inclus, avec des prélèvements testés pour le HRV et d’autres pathogènes par RT-PCR multiplex en temps réel. Les données démographiques, cliniques et biologiques ont été analysées à l’aide de statistiques descriptives et de régression logistique afin d’identifier les facteurs prédictifs de l’infection et de la gravité liées au HRV.
Résultats
Parmi les 1540 patients inclus, les enfants de moins de cinq ans étaient majoritaires (49,3 %). La plupart des participants étaient issus de zones rurales, dont la majorité était composée d’hommes. La prévalence du HRV variait de 29,8 % à 38,1 % selon les sites sentinelles. Le jeune âge, le milieu urbain, la consultation précoce, la présence de maladies chroniques et de co-infections virales ou bactériennes étaient associés à un risque accru d’infection à HRV. Les formes graves étaient significativement liées au site, à des co-infections spécifiques (notamment avec l’adénovirus, Haemophilus influenzae, Haemophilus influenzae type b et toute co-infection bactérienne). À l’inverse, l’infection à grippe A et la co-infection virale semblaient protéger contre la gravité.
Conclusion
Le HRV constitue un agent étiologique majeur des SARI au Burkina Faso. L’identification des facteurs socio-démographiques et cliniques, tels que le jeune âge, le statut de co-infection et les zones géographiques, peut guider des actions ciblées et améliorer la prise en charge des populations à risque, notamment dans des contextes de ressources limitées.
Mots-clés
Rhinovirus humain, infections respiratoires aiguës sévères, formes graves, facteurs de risque, Burkina Faso, co-infection, surveillance sentinelle
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