Rhétorique de la fatalité et figure de l’héroïsme inversé, vers un discours de l’anti-exode dans la route du non-retour de Constantin Writter
DOI :
https://doi.org/10.64707/revstlsh.v41i2.2011Mots-clés :
Mots-clés : discours littéraire, rhétorique de la fatalité, héroïsme inversé, anti-exode, non-retourRésumé
Cette étude interroge la manière dont La Route du non-retour de Constantin Writter déconstruit le mythe postcolonial du départ salvateur à travers une rhétorique de la fatalité. La problématique centrale repose sur la question suivante : comment le roman transforme-t-il le rêve migratoire en drame moral et existentiel, et comment le choix du renoncement devient-il un acte d’héroïsme éthique ? L’analyse poursuit un double objectif : d’une part, examiner les procédés narratifs et symboliques par lesquels Writter inscrit la culpabilité et la lucidité au cœur de la conscience du protagoniste ; d’autre part, montrer que le refus du départ fonde une véritable poétique du renoncement et une critique du discours postcolonial de la fuite. Le roman met ainsi en scène un héros immobile, partagé entre la fidélité filiale et l’appel de l’ailleurs. Ici, l’hésitation devient un espace de résistance morale. En s’appuyant sur la rhétorique du discours moral et existentiel (Barthes, 1953 ; Perelman 1958), la philosophie de l’absurde (Camus, 1942 et Sartre 1943), l’éthique de la responsabilité (Ricœur, 1990) et la critique postcoloniale (Mudimbe, 1988 ; Mbembe, 2000), l’étude révèle comment Writter redéfinit la liberté comme fidélité au lieu et à la mémoire. La Route du non-retour s’impose dès lors comme un manifeste du désenchantement migratoire et de la reconstruction éthique du sujet africain.
Références
Littératures Africaines