Facteurs sociaux de la consommation de drogues illicites dans les établissements d’enseignements post-primaire et secondaire de Ouagadougou (Burkina Faso)
DOI :
https://doi.org/10.64707/revstlsh.v41i2.1915Mots-clés :
déviance, drogue illicite, milieu scolaire, facteurs sociaux, OuagadougouRésumé
La consommation de drogues illicites en milieu scolaire est un phénomène social qui prend de l’ampleur au Burkina Faso. Malgré les actions publiques de lutte, la prévalence de la consommation de la drogue dans les lycées et collèges de Ouagadougou est passée de 1,72% en 2011 à 6,13% en 2019. L’objectif de cet article est d’appréhender les facteurs sociaux qui expliquent la consommation de drogues en milieu scolaire dans la ville de Ouagadougou. L’approche méthodologique a consisté en une approche qualitative faite d’entretiens individuels et de récits de vie dans une perspective phénoménologique. Le positionnement épistémologique est celui de la sociologie de la déviance et l’anthropologie de la morale. Les résultats montrent que la carrière de consommateur de drogues illicites suit en général une courbe sociale ascendante. En effet, l’initiation commence par la cigarette avant que le consommateur ne gravisse des échelons jusqu’aux drogues dures. Concernant les facteurs familiaux, la monoparentalité et les rapports familiaux conflictuels constituent un risque distal de consommation de drogues illicites en milieu scolaire. La posture passiviste de l’entourage de l’élève plutôt que la dénonciation, induit la consommation de drogues illicites chez certains élèves qui en sont persuadés. Au niveau scolaire, la pression des parents sur les élèves pour de bons résultats scolaires, l’attitude négative de certains enseignants envers les élèves, la disponibilité et l’accessibilité à la drogue dans l’espace scolaire et périscolaire et surtout l’influence des pairs consommateurs, expliquent ce comportement déviant.