La mise en œuvre de la réforme de l’enseignement supérieur au Burkina Faso : les défis de l’incohérence au prisme du cahier de charges des Institutions Privées d’Enseignement Supérieur
DOI :
https://doi.org/10.64707/revstlsh.v41i1.1866Mots-clés :
Reforme, changement, institution d’enseignement supérieur privé, cahier de charges, régulation, jeux d’acteurs, rationalitésRésumé
L'article aborde la question de la mise en œuvre de la réforme de l'enseignement supérieur au Burkina Faso, en particulier le cas du cahier de charges des institutions d’enseignement supérieur privé reformé en 2020. L’étude analyse le processus de changement dans ce secteur, en se concentrant sur les obstacles rencontrés lors de l’application de la réforme. Des écarts entre les objectifs de la réforme et les pratiques observées se constatent sur le terrain. Sur la base des modèles théorique que sont celui la gouvernance, de la mise en œuvre de politique publique et de l’approche néo-institutionnaliste, ces obstacles se manifestent par des résistances internes et des mécanismes de manipulation administrative. Les promoteurs d'établissements privés se retrouvent souvent dans une situation difficile, contraints de s’adapter à des règlements qu’ils jugent contraignants, tout en faisant face à des agents administratifs qui utilisent des stratégies variées pour influer sur l'application de la réforme. Le constat est que la volonté d’implémenter le cahier de charges a créé une dynamique complexe où les intérêts institutionnels se heurtent aux exigences administratives et aux réalités pratiques des établissements privés. Ce qui inscrit les acteurs administratifs et les gestionnaires d'établissements privés dans une position de tension constante, compliquant ainsi la mise en œuvre de la réforme malgré ses effets escomptés de professionnalisation et de régulation de l'enseignement supérieur.