L’enseignement bilingue pour la promotion de la cohésion sociale au Burkina Faso : difficultés et suggestions.
DOI :
https://doi.org/10.64707/revstlsh.v41i1.1711Mots-clés :
enseignement bilingue, cohésion sociale, politique linguistique, langue nationaleRésumé
Au Burkina Faso, l'expérimentation de l'enseignement bilingue langue nationale/français, menée de 1998 à 2007 sous l'égide de l'OSEO[1] a montré des résultats prometteurs en termes d'amélioration de la qualité des enseignements (P. Ilboudo, 2009). En prenant en compte les réalités socioculturelles des élèves et en impliquant des acteurs locaux, ce programme répond aux critères d'une éducation de qualité (J. Ki-Zerbo,1990). Ainsi, au regard de la diversité ethnique et linguistique du pays, l’enseignement bilingue est un outil puissant pour renforcer la cohésion sociale. Cependant sa pratique rencontre de nombreuses difficultés. D’où l'objet de la présente étude. En s'appuyant sur les théories du capital humain de G. Becker (1964) et des besoins de A. Maslow (1943), cette recherche vise à analyser les défis auxquels sont confrontés les enseignants dans leur mission de promotion de la cohésion sociale à travers l'enseignement bilingue. Partie d’une étude de cas, basée sur un échantillon de 68 personnes, choisi dans 04 écoles, nous avons réalisé des entretiens auprès de 35 enquêtés et adressé un questionnaire à 22 personnes. Ainsi, à travers la méthode mixte, nous sommes parvenue aux résultats que dans la commune de Koudougou, la promotion de la cohésion sociale à travers l’enseignement bilingue est un défi. Ces difficultés, surtout d’ordre institutionnel sont liées aux insuffisances de politique linguistique. Pour plus de rentabilité, une forte considération des langues nationales, un accompagnement conséquent des enseignants et une forte sensibilisation des communautés sur le bilinguisme restent indispensables.