LE "PRIX DE LA FIANCEE" CHEZ LES DAGARA DU BURKINA FASO PRATIQUE ET SIGNIFICATION
Etude portant sur deux sous-ensembles de la région dagara : le sous-ensemble Lobr et le sous-ensemble Wiilé
Mots-clés :
dagara, prix de la fiancée, cauris amers, prestations, fonction, symbolique, institution, social, mariageRésumé
Cet article analyse quelques aspects importants d'une institution fondamentale de la société dagara: «le prix de la ftancée». Le mariage dagara en effet est un long processus fait de rituels tous aussi importants les uns que les autres. Si des auteurs s'en sont montrés intéressés, ils n'ont en revanche pas -sinon insuffisamment - mis en relief ce qui fait véritablement l'essentiel du procès rituel: les fonctions d'une monnaie particulière que constituent les «cauris amers». C'est autour de cette notion qu'est bâtie l'étude. Véritable socle de l'institution matrimoniale, les «cauris amers» le sont par deux fonctions principales qu'ils remplissent : la fonction d.e sacralisation de l'épouse d'abord qui devient ipso facto "propriété privée" d'autrui au sens juridique du terme; et la fonction d'assignation à la postérité d'une position sociale statutaire ensuite. Tout enfant né en dehors de ce cadre ouvre une brèche sociale délicate. Mais conciliatrice à souhait, la société dagara - et l'étude le montre - sait bâtir aussi un dispositif social pour refermer assez harmonieusement ce type de déchirure psychologique.