Pratiques d’allaitement et don du colostrum : représentations sociales et enjeux de santé publique au Burkina Faso
Mots-clés :
Anthropologie, allaitement, santé publique, colostrum, enfant, Burkina FasoRésumé
Le colostrum est le premier aliment naturel pour les nourrissons. C’est un aliment irremplaçable pour le nouveau-né, car contenant tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois de leur existence. Les recherches démontrent que ce mode alimentaire qualifié de naturel est favorable à la santé de l’enfant. C’est pour cela que plusieurs organisations au niveau international, régional et national font la promotion de l’allaitement maternel. Au début des années 2000, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande fortement l’allaitement maternel, notamment le don du colostrum dès la naissance du bébé et l’allaiter de manière continue jusqu’à l’âge de 6 mois. Ainsi, l’enfant nourri au sein constitue un modèle normatif de croissance et de développement. L’allaitement exclusif au sein diminue les risques de mortalité infantile imputables aux maladies courantes de l’enfance. En terme de résultats, il ressort de cette recherche anthropologique, que les déterminants socioculturels induisent une perception sociale négative du colostrum, conduisant au rejet du colostrum dans certaines communautés au Burkina Faso. En optant pour une approche anthropologique, il s’est agi d’appréhender les pratiques relatives à l’utilisation de cette substance en formulant l’hypothèse que celle-ci est perçue comme un objet tout à la fois biologique et culturel. Selon le processus de prise de décision qui conduit une mère à nourrir ou pas son enfant du colostrum, celui-ci est parfois considéré comme impropre à la consommation du nouveau-né. Pourtant, des études biologiques et de santé publique révèlent que le colostrum a des propriétés qui renforcent les défenses immunitaires et stimulent la santé et la croissance du nourrisson. En perspective, il est donc apparu indispensable que les sciences sociales et les sciences de la santé collaborent dans le cadre d’une approche intégrée visant à concevoir des messages de promotion de la consommation du colostrum en prenant en compte le caractère indissociablement biologique et culturel de cette substance. Cette perspective contribuera à améliorer les politiques de santé publique qui visent à promouvoir la santé des nourrissons. C’est un enjeu épistémologique qui se révèle être aussi un enjeu de santé publique.