Qualité des acteurs et inefficacité de l’administration communale au Benin (2003-2020)
Mots-clés :
Ressources humaines, collectivités locales, faible qualification, développement, échecRésumé
La performance de toute structure (publique ou privée) dépend des moyens financiers et matériels dont elle est irriguée mais aussi et surtout de la qualité des ressources humaines en charge de son animation au regard des missions qui lui sont assignées. La présente étude vise à déterminer, à travers les trois premières mandatures des Conseils communaux et municipaux au Bénin (2003-2020), la part du personnel dans l’incapacité des collectivités locales à relever les défis de développement à la base à elles prescrites par la Loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des Communes en République du Bénin. L’approche méthodologique adoptée, dans le cadre de cette étude, allie recherche documentaire et collecte d’informations orales dans les Mairies. Les données tirées des sources et ressources bibliographiques sont complétées par les informations recueillies des entretiens semi-structurés avec certains agents des administrations communales identifiés selon la technique du choix raisonné et soumises aux techniques d’analyse quantitative et qualitative ont permis d’aboutir à trois résultats : le Bénin a fait, contrairement à certains pays de la sous-région, l’option d’un seul niveau de décentralisation/déconcentration telle que souhaitée par les représentants aux états généraux sur la décentralisation en 1993. Le personnel peu qualifié hérité des sous-préfectures en 2003 et renforcé au gré des intérêts des Maires, n’arrive toujours pas à répondre au principe de l’adéquation du profil au poste occupé pour une administration communale performante et efficace. Tout au long des trois mandatures des conseils communaux et municipaux, aucune Mairie n’a donc pu relever le défi du développement attendu à la base.