Du Covid-19 au vaccin anti-Covid-19 : la santé publique à l’épreuve des représentations sociales au Burkina Faso
Mots-clés :
Covid-19, vaccin, représentations, peur, complot, acceptabilitéRésumé
En avril 2021, le Burkina Faso, tout comme les autres pays africains est peu touché par le Covid-192 (13 050 cas confirmés et 154 décès au 21 avril). Pourtant, la pandémie avait déjà provoqué 138 millions de cas confirmés et trois millions de décès à travers le monde. La vaccination s’impose alors progressivement comme le seul moyen de contrôler la pandémie aux niveaux mondial et national. Le comité national d’organisation de l’introduction du vaccin anti Covid-19 est mis en place dès décembre 2020. Si « L’hésitation vaccinale » est identifiée au niveau mondial comme un obstacle majeur à cette vaccination. Mais, qu’en est-il au Burkina Faso ? Cette étude analyse les déterminants socio-culturels de l’acceptabilité du vaccin à partir de données d’une veille médiatique, d’entretiens individuels rapides, d’entretiens individuels semi-approfondis, de focus group avec des leaders communautaires et d’entretiens informels avec des spécialistes en santé publique, réalisés entre septembre et octobre 2020. Si les participants acceptent le principe de la vaccination pour prévenir les maladies, les vaccins anti-Covid-19 sont fortement suspectés dans un contexte de rumeurs de complots. La peur et les opinions défavorables sur le vaccin anti-Covid-19 se fondent sur des logiques diverses : exploitation « des Noirs par les Blancs », crainte de servir de cobaye, suspicion d’implication des institutions sanitaires dans le coronabusiness, dangerosité du vaccin... Développer et diffuser une information scientifique juste est urgent pour une plus grande implication de la population.