La moustiquaire, entre privilège et contrainte : les défis de la lutte contre le paludisme
Mots-clés :
Moustiquaire, représentation, gestion de l’espace, AnthropologieRésumé
Le paludisme est une maladie qui fait encore près d'un demi-million de morts chaque année. Les succès de la lutte connaissent un ralentissement depuis 2015 à cause de facteurs telle que la résistance des moustiques aux insecticides utilisés sur les moustiquaires imprégnées d’insecticide et pour la pulvérisation intra-domiciliaire. Cependant, la moustiquaire demeure un des moyens de lutte privilégié contre les vecteurs du paludisme, en témoigne les recherches sur les moustiquaires de deuxième et troisième génération. De ce fait, il est important de continuer à analyser son mode d’utilisation par les acteurs sociaux. La présente étude anthropologique conduite à Soumousso, Kimidougou et Santidougou, des villages à l’ouest du Burkina Faso, se fonde sur une démarche qualitative pour décrire l’ambivalence de l’objet de prestige qu’est la moustiquaire et les contraintes de son utilisation comme moyen de lutte contre le paludisme. La moustiquaire est prestigieuse et recherchée par les populations comme objet de parure de la maison ou de protection contre les piqures de moustiques. Cependant, son intégration dans les habitations est difficile à cause de la gestion multifonctionnelle de l’espace domestique. La moustiquaire est un outil individuel de lutte contre le paludisme qui ne s’adapte pas aisément à la polyvalence de la gestion de l’espace domestique. Les données issues des trois sites d’étude montrent la persistance des représentations de la moustiquaire et les contraintes liées à son utilisation.