Impact de la chimioprophylaxie au cotrimoxazole sur la morbidité infectieuse non palustre chez des adultes Ouest Africains vivant avec le VIH
Mots-clés :
Morbidité, Cotrimoxazole, VIH, AfriqueRésumé
L'objectif de notre étude a été de décrire la morbidité infectieuse non palustre au sein de la cohorte MALHIV des patients vivant avec le VIH (PVVIH) ; exposés ou non à la chimioprophylaxie au cotrimoxazole. Il s'est agi d'une étude descriptive nichée au sein de la cohorte MALIHV, prospective, longitudinale, multicentrique, comparative menée dans quatre services d'infectiologie (Abidjan, Bamako, Dakar, BoboDioulasso), chez des patients infectés par le VIH suivis depuis au moins 12 mois. Le critère de jugement principal a été l'incidence cumulée de la morbidité infectieuse non palustre au cours du suivi après l'inclusion des patients dans l'étude. Notre étude a porté sur 527 patients ayant un âge moyen de 37 ans, un sex ratio de 0,44, repartis en 2 groupes : un groupe exposé au cotrimoxazole, groupe CTX $ (64,5 %) et un groupe non exposé, groupe CTX0 (35,5 %). A l'inclusion le taux de CD4 moyen était de 287,9 cell/mm3 et la charge virale moyenne était de 5,8 log 10. Les 2/3 des patients ont été mis sous traitement antirétroviral. L'incidence cumulée des évènements infectieux non palustres a été de 54,6 % avec un taux d'incidence de 36,4 /100 pers-années. Le taux d'incidence de la morbidité infectieuse sévère a été de 12,6 /100 pers-années, dominée par la tuberculose. Les étiologies bactériennes ont été majoritairement retrouvées dans les 2 bras. Le taux d'incidence dans le bras CTX 0 a été 26, 6 /100 pers-années vs 1 1,6/ 100 pers années dans le bras CTX$, avec une différence statistiquement significative (p < 0.05). Les évènements non classant SIDA ont été retrouvés majoritairement dans le bras non exposé avec une incidence de 2 1.6 % vs 7.6 % dans le bras exposé, un taux de réduction de 60 % (P < 0.05). Notre étude confirme le rôle protecteur de la chimioprophylaxie au cotrimoxazole sur la morbidité infectieuse non palustre et souligne l'intérêt des nouvelles recommandations OMS suggérant de prescrire le cotrimoxazole aux PVVTH quelque soit le taux de CD4 tout particulièrement dans les pays où prédominent les infections bactériennes et le paludisme.