Facteurs contribuant à l’évolution de la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les adultes au Burkina Faso : une analyse de décomposition multivariée des données des enquêtes STEPS du Burkina Faso 2013 et 2021
DOI :
https://doi.org/10.64707/revstss.v48i2.1844Mots-clés :
Surpoids, Obésité, déterminants, tendance, évolution, prévalence, facteurs associés, Burkina Faso.Résumé
Contexte : L'augmentation alarmante des prévalences du surpoids et de l'obésité à l'échelle mondiale touche désormais les pays à revenu faible, avec des implications sanitaires et économiques considérables. Au Burkina Faso, la prévalence de ces problèmes de santé a augmenté entre 2013 et 2021. Cependant, peu d'études ont analysé les facteurs sous-jacents à l’évolution.
Objectifs : Mesurer la part contributive des facteurs associés à la hausse des prévalences de surpoids et de l’obésité à partir des données des enquêtes STEPS (Survey on the STEPSwise Approach to Surveillance of Risk Factors for NCDs) 2013 et 2021 du Burkina Faso.
Méthodes : Il s’est agi d’une étude utilisant des données d’enquêtes transversales répétées à visée analytique utilisant les données des Enquêtes STEPS de 2013 et de 2021 du Burkina Faso. La population d’étude était constituée de la population adulte incluse dans les 2 premières enquêtes STEPS du Burkina Faso. Le surpoids et l’obésité étaient nos variables d’étude. Un modèle de régression logistique multivariée décomposée a été utilisé pour identifier la part contributive de chaque déterminant dans l’évolution des prévalences du surpoids et de l’obésité au cours de la période d’étude.
Résultats : Entre 2013 et 2021, la prévalence du surpoids est passée de 13,4% à 17,1% (+3,7 points, p<0,001) et celle de l’obésité de 4,5% à 8,6% (+4,1 points, p<0,001). L'analyse de décomposition a révélé que les changements dans les caractéristiques de la population expliquaient la majeure partie de cette hausse : 77,5% pour le surpoids et 73,1% pour l’obésité. Les principaux facteurs contributeurs à cet « effet de composition » étaient l’urbanisation (contribuant à ~30-31% de la hausse), suivie de l’hypercholestérolémie et de l’absence d’instruction. Les changements de comportements (effet de coefficient) ont joué un rôle moindre. Notamment, l’augmentation de l’activité physique modérée a été le seul changement comportemental à significativement atténuer la hausse de l’obésité (-11,9%).
Conclusion : L'augmentation significative des prévalences du surpoids et de l'obésité au Burkina Faso entre 2013 et 2021 constitue un défi majeur pour la santé publique. Pour inverser cette tendance, des interventions doivent viser les habitudes alimentaires, le mode de vie sédentaire, ainsi que les facteurs socio-économiques et démographiques, tout en tenant compte des disparités liées au sexe, au niveau d’instruction, à la tension artérielle, au milieu de résidence, au type de gras consommés, à la consommation de tabac, à l'activité physique, à la cholestérolémie et à la glycémie à jeun.
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